En réponse à gwen

Oui, Gwen, nos compatriotes sont complexes dans leurs choix, leurs attitudes, et leur tendance à l’inconstance type girouette. Mais quand je lis, relis la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, texte lourd de toutes les espérances, enfin, d’émancipation des êtres humains et quand je vois ce que nous en avons fait, il y a de quoi être amer et triste devant l’attitude panurgesque de nos compatriotes. Ainsi, la question que je me pose est de savoir si l’on doit désespérer de la France?
En fait, je pense que nous devrions, plutôt désespérer de la société dans laquelle nos hommes politiques nous ont plongé et dans laquelle ils nous condamnent de vivre, car c’est une société qui s’effondre! La France n’est pas responsable de cet effondrement.
Nos compatriotes ne sont plus dans l’espérance mais dans l’illusion, or cette illusion affaiblit les jugements, elle dégrade les volontés, elle fait donc le lit de bien des mesures désastreuses et de l’effondrement des consciences, et du socle de valeurs qui doivent guider notre société.
Nul Homme cultivé n’oserait prétendre sérieusement que cette société dévoyée est une création du génie français. En effet, le génie français est un génie de raison et de mesure, à la fois familier et universel, qui habite l’esprit, la conscience de nos grands anciens. On voudrait le saborder et le construire!! Que nenni!
La France a fait ses preuves: la culture française est un monument achevé dans toutes ces parties, une construction équilibrée de la base au faîte. Cet équilibre est résultante de son parcours historique, chaque génération ayant apporter son pavé, de bonnes intentions, à ce parcours. Tout au long de son histoire, la France fut une demeure et non une forteresse, une amitié, un foyer pour tous les Hommes de bonne volonté prêts à faire leur les valeurs de notre nation.
Ou sont passés ces Hommes de bonne volonté, la France nous l’avons aimée, nous l’avons honorée, nous ne pourrions la délaisser que pour une autre plus parfaite, pour que ne soit pas perdu ce grand travail, ce grand effort de raison et d’amour.
Il risque pourtant de l’être. Il l’est déjà peut-être. Cette perte s’est construite sous les coups, les mauvais coups du délire sanitaire, de l’autoritarisme hygiénique et hystérique qui nous avons subi depuis deux ans.
Cela s’est avérée possible car les Hommes sont tombés si bas aujourd’hui qu’ils ont perdu jusqu’à la notion des valeurs universelles, en bafouant le « discours de la méthode », les « Pensées » de Pascal et en oubliant de cultiver le doute, la réflexion du sage et et du savant.
Nous pensions que notre culture n’avait rien à craindre de personne, parce qu’elle était le bien commun de tous. Nous pouvions difficilement prévoir que l’hygiénisme hystérisé se dresserait contre elle au nom du mondialisme affairiste et des « Lyssenko » délirants. Ces pseudo-démiurges ont inspiré à nos malheureux politiques et à leur complices médiatiques l’idée sauvage de détruire pour rien, pour affirmer seulement la force de leur de pouvoir en toute impunité.
Que l’existence de tels mégalomanes prétentieux fut possible, nous n’en avions jamais douté. Mais nous pensions qu’ils feraient, contre eux, l’union des Hommes sages et libres. La Liberté a été trahie ainsi que le meilleur de notre héritage.
Notre tradition si humaine se voit impuissante face à cette dérive mégalomaniaque et inhumaine. Nos compatriotes ont flanché, ils n’ont pas cherché à comprendre, ils ont préféré se coucher et subir. Ils ont laissé les affairistes et les politiques complices exploiter le profit, ils ne se sont pas organisés pour connaître mais pour accepter l’asservissement.
Doit-on désespérer de nos compatriotes quand on les voit se jeter dans la servitude, aveuglement. Ils nous font rire ( jaune) lorsqu’ils prétendent s’y jeter par un libre choix.

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@Levagre

Georges Bernanos faisait, comme toi, un constat amère sur la démission de nos concitoyens de leurs devoirs les plus élémentaires de citoyens. Je le cite :

« Je pense depuis longtemps déjà que si un jour les méthodes de destruction de plus en plus efficaces finissent par rayer notre espèce de la planète, ce ne sera pas la cruauté qui sera la cause de notre extinction, et moins encore, bien entendu, l’indignation qu’éveille la cruauté, ni même les représailles de la vengeance qu’elle s’attire… mais la docilité, l’absence de responsabilité de l’homme moderne, son acceptation vile et servile du moindre décret public. »

Aujourd’hui, comme lui, tu déplores ce qui se met malheureusement en place sous nos yeux de façon, probablement, plus ‘‘éclatante’’ depuis le début de cette pandémie covid… Combien d’ailleurs de nos concitoyens se voient encore comme de véritables CITOYENS ? Ce que j’observe en tout cas c’est que la plupart d’entre eux se comportent plutôt comme des CLIENTS - certes déçus du service ou du bien acheté, avec souvent la même arrogance de l’acheteur - mais d’abord client pas citoyen ! La différence est pourtant de taille…

Je me suis placé en contradicteur de ta chronique parce qu’elle m’a d’abord touché. Aussi, je n’ai pas spécialement souhaité me placer en « objecteur » de ce que tu exprimes légitimement et qui, je crois, soulage aussi ceux qui te lisent dans la mesure où tu parviens (de façon assez juste, ma foi) à mettre des mots sur ce flot de (res)sentiments qui peuvent nous traverser en ce moment.
Pourtant, il y a indéniablement un plaisir immédiat qui se ressent quand on se retrouve en phase avec tes propos. Mais c’est pour éviter de tomber dans l’engrenage - malsain je crois - de ces petits plaisirs que nous éprouvons, d’abord innocemment, puis qui cherchent ensuite, machinalement, à s’éprouver encore et encore mais de façon plus intense, que j’ai voulu endosser ce rôle d’objecteur. Car cet engrenage nous fait sombrer dans des ressentiments toujours plus intenses qui peuvent souvent venir obscurcir une réflexion, une action qui s’annonçait pour le moins percutante, à défaut d’être décisive.

L’idée était donc de proposer aussi, le plus rapidement possible à ceux qui t’ont lu comme moi (et te liront), un « contre-feu » à cette chronique qui viendrait tempérer un peu les sentiments amères qu’elle réveillait déjà en moi - et peut-être alors en certains d’entre nous - en ne cherchant pas seulement à mettre en avant ce que ta chronique cherchait à EXPRIMER mais aussi ce qu’elle ne devait surtout pas empêcher de COMPRENDRE…

Car ce qui, je crois, empêche cette union et cette unité que nos pairs ont toujours appelé de leurs vœux, c’est cette compréhension partielle de l’essentiel d’une situation, d’une époque. Notre conscience de la réalité n’est alors jamais ce qu’elle aurait du être, au moins chez ceux qui se disent bien souvent (et trop rapidement d’ailleurs) clairvoyants. L’adage qui voudrait que toute vérité qui gagne en extension perd nécessairement en compréhension, s’est malheureusement toujours vérifié historiquement au moment où il a fallu pour le peuple mettre réellement en pratique sa propre discipline en tant qu’être collectif ; et d’abord par ceux qui ont pu prétendre faire partie de cette avant-garde… pourtant inévitable à tout changement de paradigme (il n’y a qu’à voir comment s’est terminée la révolution française… et sa déclaration des droits de l’homme et du citoyen avec elle…).

Je suis donc plutôt d’accord avec ce que tu exprimes, c’est vrai… mais un peu moins avec ce qui en est dit pour nous aider à comprendre les choses, et a fortiori celles qui nous touchent directement et sur lesquelles on doit et on peut - tout aussi directement - travailler. Ainsi, peut-on, au moins dans un premier temps, mesurer l’effort que cela demande et refréner quelques-uns de nos sentiments négatifs (à défaut de ne pouvoir encore les dépasser) ; sentiments beaucoup trop facilement justifiés, selon moi, en les rejetant simplement sur le dos de ceux qui les incarnent et qui les méritent, c’est vrai (car ils auraient dû, eux aussi, avoir conscience des responsabilités qu’ils ont acceptées d’endosser), mais sans jamais, du moins, parvenir à les reconnaître en nous-mêmes et s’en affliger tout autant.

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