De la Rhinocerite

Le bon sens commun et la raison subissent depuis quelques années des crises d’hystéries galopantes qui, à l’image de l’inquisition, multiplie les chasses aux sorcières, les anathèmes, les bûchers, allant, par exemple, jusqu’à remettre au goût du jour les indulgences en incitant le citoyen qui veut se donner bonne conscience à se confiner et à perdre toute liberté volontairement pour acheter sa rédemption en termes de sauvetage de l’humanité face au monstre viral.
Comment des dizaines de millions de personnes prétendument saines d’esprit peuvent-elles alimenter et subir de tels délires?
Cette question lancinante me renvoie sans cesse à cette pièce d’Eugène Ionesco, Rhinocéros (1960), qui décrit la transformation inéluctable de toute une société composée d’individus libres en une masse grégaire, instinctive et brutale, passant de la diversité humaine à l’uniformité animale.
Ainsi le premier acte montre-t-il des personnages occupés à parler et à échanger des signes innombrables. La parole humaine domine alors sous toutes ses formes: conversations amicales, disputes, démonstrations logiques, débats contradictoires, cris, langage affectif…
Bref des gens normaux.
L’apparition des rhinocéros entraîne la disparition progressive de cette diversité au profit d’une pauvreté langagière qui finit par ce réduire en barrissements hégémoniques des monstres, dans ce qui n’est même plus un dialogue de sourds.
Cette métamorphose c’est la rhinocerite, cette tendance maladive dont les symptômes sont principalement:
les attaques personnelles, ad nominem
un discours totalitaire qui n’argumente pas, au contraire, il affirme péremptoirement,
Une dévaluation de l’autre dans sa personne pour mieux déprécier ses arguments.
Visionnaire Ionesco! Près de soixante ans plus tard, son allégorie s’incarne dans des rôles bien déterminés.
Aujourd’hui, il ne fait pas bon être un soignant reinfo Covid, de surcroît APHP- sceptique . Si encore on pouvait faire admettre l’idée qu’on peut être très préoccupé de médecine de premier recours tout en doutant du bien-fondé des théories hospitalo-centrées parisiennes, cela sans se voir traité de sale négationniste, complotiste, et autres noms d’oiseaux…
Incroyable, une vague idéologique est parvenue à faire croire, sous couvert de science, que le traitement du Covid ne peut se résoudre, dans un premier temps, qu’à la prescription de paracétamol et d’un attentisme délétère.
Face à cette doxa tyrannique toute nuance relève d’une mission impossible – Il est vrai que cette «idéologie» a permis de manière très pragmatique, de réduire le pays à l’état de servitude et de dépendance totale.
Tout cela est dans la continuité de certains dogmes, proférés par une nomenklatura, médicale et politicienne, qui nient radicalement les réalités les plus élémentaires, les récalcitrants se voient alors taxer de facto de vieux macho réactionnaires aigris à haut potentiel d’inhumanité.
Dans cette effervescence de croyances délirantes, à reinfo-Covid, des gens lucides sont prêts à élever les digues de la raison et du bon sens contre ce raz-de-marée idéologique.
Thucydide disait « l’épaisseur de la muraille importe moins que la volonté de la défendre ». La vérité scientifique a besoin de notre volonté.
Tous nous devons combattre les hordes de rhinocéros illustrant à la perfection, et sans même en avoir conscience, la loi de Brandolini! C’est à dire affirmer n’importe quoi et répéter ce n’importe quoi à l’envie, et il se transformera en vérité difficile à contester, à plus forte raison si les médias et les politiques s’en font l’écho…De la rhinocerite, je vous dis!
Nous espérons tous qu’à l’image de n’importe quelle mode, ces délires vont s’étioler, s’essouffler, mais pourrons-nous vaincre vraiment la tendance à la rhinocerite?
Pourrons-nous faire en sorte que les têtes (non) pensantes finissent par être prises en flagrant délit de tartuferie et d’imposture. Nous y parviendrons! Malheureusement tout cyclone laisse sur son passage des stigmates, pour certains indélébiles. En attendant le prochain cyclone!
La pire des bêtises est toujours celle des moutons… ou des rhinocéros.

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Merci, je comprends mieux à présent le sens du badge « je ne suis pas un rhinocéros » des manifestations de Philippot. J’essayerai de voir cette pièce de théâtre.

J’aime bien aussi votre citation de Thucydide. Ça me fait penser à une autre citation que j’aime bien :
Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. (Albert Einstein)

Pour le reste je pense qu’ici nous sommes tous de votre avis, à part peut-être que ce ne sont pas des millions hypnotisés par les médias de masse, mais hélas plutôt des milliards. Le problème c’est comment construire un pont entre les personnes encore saines d’esprit et les rhinocéros/moutons/hypnotisés/zombies ? Là on parle entre nous, on se comprend, mais il faudrait surtout que ce soit les rhinocéros qui viennent un peu voir ce qu’il se passe sur réinfo covid.

Personnellement je suis moins optimiste que vous pour le futur, pour la simple est bonne raison que les 1% les plus riches du monde possèdent 99% de l’argent mondial, et continuent de s’enrichir pendant que nous on s’appauvrit. Donner autant de pouvoir, pour ne pas dire TOUT le pouvoir à juste une poignée de personnes est selon moi la cause de tout nos maux, surtout si cette poignée de personnes est psychopathe, nazi, transhumanistes, etc Ils leur suffit de quelques billets pour arriver à corrompre ceux dont ils ont besoin, et si ça ne fonctionne pas ils donnent juste ces billets à des mercenaires charger de maquiller pas mal de meurtres en suicides…